المغرب Betterave Sucrière Les biotechnologies Une guerre économique

Une guerre économique

ETRE OU NOT TO BE ?
Notre environnement hexagonal ou européen ne doit pas être réduit à un concept biologico-esthétique. Il est également économique. En matière d'économie aussi, à ne pas défendre son territoire, un pays est vite envahi. Nous devons savoir que pendant que les Français débattent gravement, les Etats-Unis d'Amérique cultivent 50 millions d'hectares de plantes génétiquement améliorées, les sud-Américains et l'Asie 9 millions, mais, en Europe, rien (peut-être 30 000 hectares). En l'an 2000, les Etats-Unis en cultiveront près de 50 millions, les sud-Américains 8 millions, l'Asie 1 millions, mais l'Europe ..., certainement moins de 30 000 d'hectares. Quand notre alimentation et notre santé dépendront d'autres continents, serons-nous toujours libres ? Et plus rassurés ?

Car, c'est bien de cela qu'il s'agit : une guerre économique, évidente, délibérée, est engagée entre les Etats-Unis et l'Europe.

Alors qu'aux Etats-Unis, les biotechnologies recevaient le feu vert dès 1986, de la part de la "Food and Drug Administration" (équivalent d'un ministère de la santé et de l'alimentation), il a fallu attendre 1990 pour obtenir un feu orange en Europe. Les directives votées par le Parlement Européen en 1990 ont conduit à mettre en place des mesures réglementaires contraignantes et contribué à instaurer un climat de méfiance vis-à-vis des OGM, qu'il s'agisse de plantes ou micro-organismes. On a créé puis nourri la confusion entre technique et éthique. Le drame du sang contaminé et de la vache folle ont amplifié les attentes sécurisantes du public et induit des réactions politiques contradictoires ou aberrantes. Souvenons-nous de l'exemple récent du vaccin anti-hépatite B.

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Il y a contradiction à accepter les importations massives de soja et de maïs qui sont composées d'une multitude de récoltes OGM et de récoltes non OGM et à ségréguer la récolte française de maïs transgénique. Il a même été envisagé de la détruire, ce qui eût accrédité sa dangerosité... tout en continuant d'en autoriser les importations d'Amérique et la consommation.

En 1998, en Europe, on estimait à environ 750 les entreprises tournées vers les biotechnologies. Il y en avait 1400 aux USA. Cela représentait respectivement 40 000 et 140 000 salariés. Cela a représenté également un chiffre d'affaires de 2,7 millions d'euros contre 16 millions. Loin de prendre les USA comme modèle, nous pouvons néanmoins penser qu'ils ne sont pas un pays où l'on prend des risques inconsidérément : c'est un pays d'entrepreneurs sans état d'âme. Face à la question du risque potentiel d'une catastrophe à long terme, qu'ils se posent comme nous, les USA nous répondent : "A risque égal, (pour eux et nous), la qualité de la gestion du risque est un élément de compétitivité". La rigueur et l'efficacité en sont le corollaire. De notre côté de l'Atlantique, nous polémiquons d'abord et la gestion de ce risque se traduit par des moratoires renouvelables. Ce sont des conceptions bien différentes de la responsabilité. Le vrai problème est de savoir quel est le risque, en évaluant le poids du produit "dimension du danger X probabilité", puis en assumer la gestion. On ne peut pas arrêter de respirer pour être sûr de ne pas inhaler de microbes.
Personne ne pourra jamais répondre affirmativement à la question : "Sommes-nous sûrs d'avoir suffisamment étudié ?". Les réactions (naturelles) du consommateur ont inhibé les décideurs chez qui il n'y a pas eu de bousculade pour lui expliquer et cautionner en quoi les biotechnologies représentent un progrès, dans quelles limites, avec quelles sécurités et quelles incertitudes et avec quels enjeux.

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PUISQU'IL FAUT BIEN (PROVISOIREMENT) CONCLURE
Souvenons-nous que les Français sont les plus gros consommateurs du monde, de médicaments de toutes sortes. Et pas toujours sur prescription ou sous contrôle de personnes autorisées. Souvenons-nous que nous vivons déjà depuis "longtemps" (depuis un certain temps) avec les biotechnologies. Souvenons-nous que les croisades "anti" ou "garanti sans", ne sont pas toujours innocentes ou désintéressées ... 

Gardons du recul, prenons de la hauteur sur notre planète et, malgré les accidents de notre Histoire, gardons confiance en l'Homme.